ACOUPHENES EN 2014

Acouphene : espoir de traitement ?

La fin des acouphènes ?

Les acouphènes, ces sons qui sifflent ou bourdonnent dans la tête de manière plus ou moins permanente sans que la moindre source sonore extérieure ne puisse les expliquer, gâchent la vie de 5 millions de Français. Longtemps considéré comme un trouble psychologique, ces sons fantômes ne bénéficiaient jusqu’ici d’aucun traitement efficace permettant de les faire taire. Une situation en passe de trouver une issue…

C’est sur ces mots que débute l’article sur les acouphènes du magazine Science & Vie intitulé « acouphènes : enfin un espoir de traitement« . Plus que d’espoir de traitement, l’auteur, Marine Cygler, va jusqu’à affirmer que, je cite, « la situation est en passe de trouver une issue » [Marine Cygler se pose ainsi, d'une certaine façon, en Francis Fukuyama des acouphènes...].

Que révèle donc ce papier de si prometteur pour oser une telle affirmation ?

Pas grand chose de neuf malheureusement. D’un coté, l’INSERM de Montpellier des professeurs Jean-Luc Puel et Rémy Pujol poursuit courageusement ses essais cliniques. Science & Vie nous parle du modèle animal d’acouphènes, en l’occurence sur des rats, mais ne rappelle pas que sa mise au point remonte à près de dix ans déjà. Science & Vie nous informe ensuite que les docteurs Puel et Pujol ont réussi non seulement à créer des acouphènes chez des rats mais surtout… qu’ils ont réussi à les faire disparaître ! Là encore, Science & Vie ne précise pas que cette prouesse était déjà réalisée aux alentours de 2003 / 2004.

Quid des hommes donc, puisque c’est tout de même ce qui nous intéresse en premier lieu ? Pour faire court, l’injection d’anti-glutamate dans l’oreille moyenne voire dans l’oreille interne permet jusqu’à trois semaines de disparation des acouphènes chez les patients qui ont été traités. Encourageant en effet ! Enthousiasmant même ! Mais malheureusement, comme avaient averti les professeurs Puel et Pujol dès le début de leur recherche, ce traitement ne fonctionne que sur des acouphènes récents (moins d’un an). Il n’est pas du tout certain que cette piste aboutisse, même dans un avenir lointain, à la guérison des acouphènes plus anciens. Au final, on peut imaginer unmonde débarrassé des acouphènes, du moins dans nos sociétés occidentales… sauf chez des personnes comme moi qui ont des acouphènes anciens. La recherche s’arrêterait alors : le problème étant réglé, il ne resterait plus alors qu’à atteindre patiemment la disparition des derniers acouphéniques français, comme l’on a attendu celle des derniers poilus. Pas ou peu de potentiel économique, en tout cas sans doute pas suffisamment pour justifier une course effrénée vers un « médicament acouphènes », une pilule miracle que des années de recherche ne suffiraient peut-être pas à produire ! Aucune garantie de résultat, la seule garantie étant du budget de recherche dépensé à perte pendant des années ! Bref, pas sûr qu’il y ait matière à se réjouir pour nous autres acouphéniques actuels.

Rien ne justifie donc l’affirmation de Science & Vie. A moins que l’espoir se situe dans la deuxième piste de recherche ? Science & Vie n’y concerne que quelques lignes : la stimulation magnétique transcrânienne répétitive. Mais on ne parle plus là de guérir : le magazine emploie fort justement le terme « limiter ». « Limiter la perception de l’acouphène ». Pour une guérison totale, il faudra repasser. Nous ne savons que trop ce que ce type de précaution lexicale laisse supposer. Il suffit de lire les ORL et autres psychothérapeutes comportementaux (ou « comportementalistes », ça sonne moins « porte-manteaux ») se gargariser du succès retentissant des TRT, qui « soulagerait » 80% des personnes qui souffrent d’acouphènes. C’est loin d’être faramineux lorsque l’on sait que ces mêmes ORL et psychothérapeutes du comportement affirment sans sourciller que 20% seulement des personnes qui souffrent d’acouphènes en sont « gênés ». Souvenons-nous cependant qu’il y a seulement quelques années, ces mêmes scientifiques parlaient non pas de 20% mais de 5% !

C’est justement à le mérite principal de l’article de Science & vie : rappeler une évidence qui ne l’est pas pour tout le monde. Les acouphènes ne sont pas une entité uniforme, « unitaire » comme diraient les socialistes de Martine Droopy. Bien au contraire : il y a autant d’acouphènes que d’acouphéniques. Et de remettre quelques chiffres derrière tant de souffrance(s) :

Sur les 5 millions de Français touchés par les acouphènes, 1,6 million les qualifient d’agressifs [ce qui fait d'ailleurs plus de 20%...] et 300 000 d’intolérables. On estime que chaque ORL reçoit chaque année 70 nouveaux cas, lesquels dans la grande majorité perçoivent des acouphènes de haute fréquence (sons aigus).

Avant de retomber malheureusement dans un écueil :

Vieillissement de la population mais aussi utilisation généralisée de baladeurs type mp3 sont montrés du doigt en ce qui concerne la perte d’audition s’accompagnant parfois d’aberrations auditives.

Nulle part, une fois encore, n’est indiqué qu’il suffit d’une seule soirée, d’un seul concert, d’une petite rave pour détruire son oreille avec les conséquences que l’on connaît !

Frédérique Pezrès-Sophrologue
Paris 17 et Paris 8
Tél: 0630355706 - FSophrologue@gmail.com
http://www.un-sophrologue.fr

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